Mariage d'automne, un recueil de nouvelles de Christian Cottet-Emard



Mariage d'automne et autres nouvelles par Christian Cottet-Emard,  éditions Germes de barbarie, 158 pages,  10,50€.

Rendez-vous manqués, erreurs d'aiguillages mais aussi brèves épiphanies, les nouvelles de Mariage d'automne racontent la violence feutrée du sentiment amoureux et son épilogue dans la lumière du soir...

Jacki Maréchal peintre et écrivain nous donne ses impressions à chaud après avoir lu en primeur  Mariage d’automne et autres nouvelles :

Une suite de petites histoires qui prennent parfois la forme du conte. Mon ami Christian apprécie beaucoup ce genre littéraire. Ces histoires courtes sont composées de manière fugace et trouvent leur force grâce à une écriture fringante, un langage volontiers svelte et pince-sans-rire. Ici il est question de la férocité d'amours ordinaires, de ceux que tout le monde a pu vivre au cours de son existence, de ceux dont on évite de parler soit parce qu’ils ont été médiocres ou soit parce qu’avec le recul ils se sont avérés plus narcissiques qu’audacieux et surtout parce que nos petites histoires le plus souvent n’en valent pas la chandelle… 

Ainsi ce livre peut paraître presque désinvolte, une invitation à la lecture paresseuse sur une plage d’été au soleil. On peut lire chacune de ces histoires d’amour et l’oublier aussitôt, comme on lirait une nouvelle dans le magazine « Elle », juste pour passer le temps. Mais ne nous y trompons pas, derrière cette apparente légèreté se cache un abord vif des mesquineries ordinaires, une analyse en profondeur des petits détails, des petites vexations, des petites frustrations qui constituent les « fragments d’un discours amoureux ». Ici la violence est feutrée mais omniprésente et le lecteur en sortira troublé.  Si je devais retenir une seule de ces nouvelles ce serait La photocopieuse… A découvrir absolument.

Une autre lecture de ce livre par l'écrivain et journaliste Didier Pobel :

S'il fallait définir - quelle idée, on vous l'accorde ! - les nouvelles de Christian Cottet-Emard, ce serait, disons, des traces. Traces de temps, traces d'amour, traces de vie. Quelque chose comme ces grands rectangles clairs  laissés par les tableaux retirés d'un mur évoqués dans le sixième texte. L'intrigue a toujours la minceur d'un fil. Un barbecue noyé par l'orage sous lequel clapote "la ruine de nos existences". Les noces d'une amie où un invité chômeur, "pas à sa place", doute de son cadeau. Les manigances d'un étrange couple en Rolls verte. Les retrouvailles entre un vieil écrivain et une femme dont elle fut jadis brièvement l'amante... Les protagonistes existent à peine. L'un d'eux s'adonne à la simple "observation de l'air", un autre se réconforte à la vue d'un forsythia au bord d'une voie ferrée. Il s'appelle Mhorn. Pas étonnant qu'il appartienne tout particulièrement à cette morne confrérie de nouveaux nomades exilés  traversant ces proses aux volutes syntaxiques de cigare où affleure une mélancolie acidulée que ne renieraient ni Henri Calet ni Jules Laforgue en vadrouille à la fin du recueil.
Un ouvrage qui, quoique intitulé Mariage d'automne, pourrait bien offrir toutes les vertus d'une délicieuse lecture d'été. À l'ombre des nuages lenticulaires. Ou au bord d'un lac bugiste. Instantanés, scènes intimistes. Côté court, Cottet jardin.

En voici un extrait :

 Mes mains rencontrèrent des rondeurs qui me surprirent, plus habitué que j’étais aux corps tendus comme des élastiques des jeunettes de mes débuts encore tout récents. Je peux te certifier aujourd’hui, cher vieux cahier, que rien n’est plus émouvant et délicieux que ces petites imperfections de la maturité que les femmes cherchent par tous les moyens à corriger ou à dissimuler. Les hommes rebutés par un coussinet soyeux sur les flancs ou un petit ventre sont des hommes qui n’aiment pas les femmes. Après avoir passé le demi-siècle, cher vieux cahier, je sais désormais que lorsqu’une femme offre spontanément ce genre de secret à la vue d’un homme, celui-ci a intérêt à réaliser que quelque chose d’important est en train d’arriver dans sa vie sous peine de passer sur Terre comme une ombre.



Mariage d'automne et autres nouvelles, éditions Germes de barbarie, 158 pages,  10,50€

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